Un corps t’a été donné. Tu peux l’aimer ou le détester, mais ce sera le tien pour toute la durée de cette vie. Tu vas apprendre des leçons. Tu es inscrit(e) dans une école informelle à plein-temps appelée “Vie”. Chaque jour, tu auras l’occasion d’apprendre des leçons dans cette école. Tu pourras aimer les leçons, ou penser qu’elles sont idiotes ou sans objet. Il n’y a pas de fautes ou d’échecs, seulement des leçons. La croissance est un processus “essai-erreur-correction” ; elle consiste à expérimenter, à faire des expériences. Les expériences “ratées” font tout autant partie du processus que celles qui “réussissent”. Une leçon sera répétée jusqu’à ce qu’elle soit acquise, intégrée. Une leçon te sera présentée sous diverses formes, jusqu’à ce que tu l’apprennes. Quand tu l’auras apprise, tu pourras passer à la leçon suivante. Apprendre des leçons ne finit jamais. Il n’y a pas de partie de “Vie” qui ne contienne de leçon. Si tu es en vie, il y a des leçons à apprendre. « Ailleurs” n’est pas meilleur qu’“ici”. Quand ton “ailleurs” est devenu “ici”, tu obtiens à nouveau un autre “ailleurs” qui, à son tour, te semblera meilleur qu’“ici”. Les autres sont essentiellement des miroirs de toi-même. Tu ne peux aimer ou détester “quelque chose” chez autrui, que si ce “quelque chose” reflète une caractéristique, que tu aimes ou que tu détestes en toi. Ce que tu fais de ta “Vie” dépend de toi. Tu as tous les outils, toutes les ressources dont tu as besoin. Tu es le créateur de ta vie. Ce que tu en fais dépend de toi. Le choix t’appartient. Tes réponses sont en toi. Les réponses aux questions de la “Vie” sont en toi. Tout ce qu’il faut, c’est regarder, écouter, sentir et faire confiance. Tu es la source. A mesure que tu t’ouvres à cette confiance, tu te souviendras de plus en plus de tout ceci. (auteur inconnu)
Pourquoi, mon Dieu ?
Samuel est vieux, fatigué, râleur comme toujours, amer comme jamais. Il a décidé, ce jour-là, de demander des comptes à Dieu. « Après tout, se dit-il, j’ai le droit de savoir ce que je Lui ai fait pour qu’Il m’ait imposé l’absurdité de vivre. » Et s’adressant au Tout-Puissant : – Pourquoi ne me parles- Tu pas ? Au ghetto, quand j’étais enfant, les autres se moquaient de moi, j’étais malingre, timoré, et je Te demandais pourquoi ce qui justifiait, Seigneur, que Tu me laisses errer tout seul dans la cour de récréation. Rien, jamais. Aucune réponse. Plus tard, j’ai épousé Sarah. Je T’ai demandé : « Ai-je tort ? Sera-t-elle une bonne épouse ? » Et Toi, là-haut, toujours muet. J’ai eu des soucis, Tu le sais, le monde des affaires est dur, et les études des enfants m’ont coûté les yeux de la tête. J’ai eu des maîtresses, j’avoue. Mais je me suis senti coupable, signe évident, à mon avis, que je n’avais pas mauvais fond. Combien de fois T’ai-je prié de me montrer le bon chemin ? As- Tu une fois répondu, tendu l’index à droite, à gauche ? Rien, pas la moindre remontrance, pas le moindre pardon non plus. Je suis maintenant retraité. J’ai tout mon temps. Alors, dis-moi. Je ne veux pas mourir ainsi sans jamais T’avoir entendu. Pourquoi ce silence, Seigneur ? Réponds-moi, je T’en prie. J’écoute. L’énorme voix qui dans sa tête résonna comme un craquement de tonnerre apocalyptique le laissa la bouche béante et les yeux comme des oeufs durs. – Parce que, Samuel, tu m’agaces, tu me saoules, tu m’exaspères ! Tu ne peux pas te taire un peu ? !!!!
C’est moi
Ces deux-là ne s’étaient pas vus depuis leur lointaine jeunesse, et voilà qu’un matin ils tombent nez à nez, par hasard, au coin d’une rue. Surprise émerveillée, joie bruyante, embrassades. L’un est professeur de français dans un collège de banlieue, l’autre est un banquier richissime. Il en est fier. Cela se voit. – Il faut que tu viennes chez moi, dit-il, la mine épanouie. Allons, viens, ma voiture est là. Une Rolls blanche, immaculée. Le chauffeur ouvre la portière. Ils montent, et le carosse va. Banlieue chic. Haut portail de fer. Il s’ouvre automatiquement. – Mon parc, dit le banquier. Là, à droite, mon golf. À gauche, mes chevaux. La voiture s’arrête enfin devant le perron du château. – Ma maison. Mes rosiers. Mon gazon. Ma piscine. Gustave, mon valet de pied. Ils entrent. Le prof s’extasie. L’autre, le geste large : – Mon hall. Ma bibliothèque. Mon Chagall. Mon Renoir. Viens voir mes porcelaines. L’escalier. Marbre d’Italie. Premier étage. – Ma moquette. Ma tapisserie d’Aubusson. Et nous voici devant ma chambre. L’homme d’affaires ouvre la porte. Sur un grand lit à baldaquin surgissent des draps chiffonnés un homme et une femme nus. – Mon épouse, dit le banquier. Et désignant, à côté d’elle, l’ébahi au torse velu : – Et là, mon cher ami, c’est moi.
Les gros cailloux
Mes enfants, dit le professeur, je vous propose ce matin une nouvelle expérience. Il prend sous son bureau un grand vase de verre, il le pose à la vue de tous, puis sort du même endroit un panier de cailloux gros comme des oranges. L’un après l’autre il les dépose dans le vase, jusqu’à ras bords. – Le pot est-il plein, les enfants ? – Oui, répond le choeur unanime. – Croyez-vous ? dit le professeur. Il sort de sous la table un seau de gravillons, il les verse sur les cailloux. Tous les petits parmi les gros s’infiltrent jusqu’au fond du vase, peu à peu grimpent au ras du col. – Le pot est-il plein maintenant ? L’expérience les amuse. Ils ont compris. Ils crient que non, qu’on peut y ajouter du sable. – En voici, dit le professeur. Il en sort un sac, le répand sur les graviers et les cailloux, puis il s’époussette et demande : – Que nous dit cette expérience ? Réfléchissez bien, les enfants. Dans la salle, silence et regards éveillés. – Elle dit ceci : les gros cailloux doivent être mis les premiers. Vous ne pourriez pas les placer après le sable et les graviers. Ma question est donc celle-ci : pour vous, pour votre vie, quels sont les gros cailloux, les choses les plus importantes ? Votre famille ? Vos amis ? Réaliser vos rêves ? Apprendre ? Quoi que vous choisissiez, ils sont prioritaires. Si vous faites passer d’abord le sable, les graviers, bref, les petites choses, vous n’aurez plus assez de place, plus assez de temps pour les grandes, et vous raterez votre vie. Enfants, demandez-vous : « Quels sont mes gros cailloux ? » Que chacun trouve sa réponse.
La couverture
Un saint ermite dit, un jour, à son disciple : – Mon cher fils, je t’ai tout donné, tu as bien appris, Dieu te garde. Je te laisse tout ce que j’ai : cette couverture de laine dont je te prie de prendre soin. Vis ta vie maintenant. Adieu. L’ermite s’en alla. Son disciple resta dans sa hutte, sur la colline, priant et mendiant son pain de tous les jours. Or, voilà qu’une nuit d’hiver, un rat rongea sa couverture. Il la reprisa comme il put, puis pensa : « Il me faut un chat pour protéger ce bien sacré que mon maître m’a confié. » Il en trouva un. Ils se plurent. Mais il lui fallait maintenant mendier des repas pour deux. « Les gens sont pauvres, se dit-il. Je crains de leur demander trop. Il faut que je trouve une vache. Elle satisfait nos besoins, et je pourrai prier tranquille. » Il en rencontra une, elle s’était égarée. Mais il lui fallait maintenant du fourrage pour son bestiau. « Le mieux, se dit le saint garçon, serait que je cultive un champ. ». Ce qu’il fit, autour de sa hutte. Mais il n’eut plus guère de temps pour prier comme il le devait. Il engagea donc quelques hommes. Ils s’occupèrent des récoltes. Mais les surveiller, quel travail ! » « Une femme pourrait m’aider », se dit-il. Il se maria. Il s’agrandit, devint bientôt un opulent propriétaire. Et voilà qu’un jour son vieux maître, passant par là, revint le voir. Il s’étonna. – Mon fils, dit-il, qu’est-ce que tout cela signifie ? – Je sais, c’est surprenant, répondit le garçon. Mais il me fallait conserver cette couverture sacrée que vous m’avez jadis offerte, et c’était la seule façon.
Un grillon à New York
Un ethnologue new-yorkais reçoit un jour à Manhattan un de ses vieux amis sioux. Et comme à grand-peine ils cheminent dans la cohue des gens, des voitures hurlantes, des gyrophares policiers, bref dans l’ordinaire boucan d’une avenue crépusculaire, à l’heure de pointe, le Sioux s’arrête soudain au coin d’une rue, tend l’oreille et dit : – Tiens, j’entends un grillon. Son ami s’étonne. – Un grillon ? Laisse tomber, mon vieux, tu rêves. Entendre un grillon, à New York, dans ce vacarme ? – Attends, dit l’autre. Il va droit à l’angle d’un mur. Dans une fente de béton poussent des touffes d’herbe grise. Il se penche, puis s’en revient. Au creux de sa main, un grillon. – Alors ça, bafouille l’ami, abasourdi, c’est incroyable. Une ouïe fine à ce point-là, c’est un truc de sorcier, ou quoi ? – Pas du tout, répond le Sioux. Chacun entend ce qui l’habite et ce qui importe dans sa vie. Facile à démontrer. Regarde. Il sort quelques sous de sa poche et les jette sur le trottoir. Tintements brefs, légers, fugaces. Dans la bousculade autour d’eux, tandis que les voitures, au feu du carrefour, klaxonnent, démarrent, rugissent, dix, quinze têtes se retournent et cherchent de l’oeil, un instant, ces pièces de monnaie qui viennent de tomber. – Voilà, c’est tout, dit le Sioux.
Légende indienne
Alors qu’il enseignait à ses petits-enfants, voici ce qu’un vieux Cherokee leur a dit :
« Un combat a lieu tous les jours à l’intérieur de moi-même, et ce, entre deux loups… – L’un est mauvais : il est peurs, colère, envie, chagrin, regret, avidité, arrogance, apitoiement sur soi-même, culpabilité, ressentiment d’infériorité, mensonges, orgueil, supériorités. – L’autre, lui, est bon : il est joie, paix, amour, espoir, partage, sérénité, humilité, bonté, bienveillance, amitié, empathie, générosité, vérité, compassion. Le même combat a lieu en vous et en tout individu sur cette Terre. »
Les petits-enfants réfléchirent quelques minutes, puis l’un d’entre eux demanda à son grand-père : « Lequel des deux loups l’emportera ? »
Le vieux Cherokee répondit simplement : « celui que tu nourris. »